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Type de cafard : comment identifier les différentes espèces de blattes affinis

Type de cafard : comment identifier les différentes espèces de blattes affinis

Type de cafard : comment identifier les différentes espèces de blattes affinis

Dans le langage courant, toutes les blattes deviennent vite des « cafards ». Pratique pour pousser un cri, moins utile pour savoir à qui l’on a affaire. Pourtant, identifier l’espèce permet de comprendre d’où elle vient, où elle se cache et quelle méthode utiliser pour s’en débarrasser.

Le terme « blattes affinis » mérite d’ailleurs une petite mise au point. Il ne désigne pas, à proprement parler, une grande catégorie de cafards domestiques couramment utilisée en France. Il peut faire référence à des espèces proches, parfois difficiles à distinguer, ou à une confusion avec un nom scientifique comportant le mot affinis. Dans les habitations, les principales blattes rencontrées sont surtout la blatte germanique, la blatte orientale, la blatte américaine et la blatte rayée.

Bonne nouvelle : avec quelques critères simples, il est possible de faire le tri. Mauvaise nouvelle : les blattes, elles, n’ont pas prévu de porter une petite étiquette nominative. Il faudra donc observer leur taille, leur couleur, leurs ailes, leur comportement et le lieu où elles apparaissent.

Pourquoi identifier l’espèce de blatte ?

Une blatte aperçue dans la cuisine ne signifie pas forcément que toute la maison est envahie. Elle peut être entrée par une canalisation, avoir été transportée dans un carton ou provenir d’un local voisin. Mais certaines espèces se reproduisent très rapidement à l’intérieur et forment des colonies discrètes avant même que l’on remarque leur présence.

L’identification donne plusieurs indications utiles :

À noter : les blattes sont principalement nocturnes. Une apparition en plein jour peut signaler une forte population, mais aussi un dérangement, un manque de nourriture ou un traitement récent. Il ne faut donc pas paniquer au premier spécimen, mais il ne faut pas non plus lui souhaiter la bienvenue autour d’un café.

La blatte germanique : petite, rapide et très présente

La blatte germanique, Blattella germanica, est l’une des espèces les plus fréquentes dans les logements, les restaurants et les immeubles. Malgré son nom, elle n’est pas particulièrement attachée à l’Allemagne : elle est aujourd’hui présente dans de nombreuses régions du monde.

Elle mesure généralement entre 10 et 16 millimètres à l’âge adulte. Sa couleur va du brun clair au beige. Le critère le plus parlant se trouve sur le pronotum, la partie située juste derrière la tête : deux bandes sombres et parallèles y sont visibles.

La blatte germanique apprécie la chaleur, l’humidité et la nourriture facilement accessible. Elle se glisse derrière le réfrigérateur, sous l’évier, près du lave-vaisselle ou autour des conduites d’eau. Elle peut également voyager dans des sacs, des cartons, des appareils d’occasion ou des colis.

Elle se reproduit rapidement. La femelle transporte une oothèque, une capsule contenant les œufs, jusqu’à peu avant leur éclosion. Cette particularité protège les œufs de nombreux traitements superficiels. Si plusieurs individus sont observés, il est donc préférable d’agir sur les cachettes et la colonie, pas uniquement sur les blattes visibles.

La blatte orientale : la grande brune des endroits humides

La blatte orientale, Blatta orientalis, est plus grande et plus sombre que la blatte germanique. Elle mesure souvent entre 20 et 30 millimètres. Son corps est brun foncé à presque noir, avec un aspect brillant.

Les adultes possèdent des ailes, mais celles-ci sont courtes et ne leur permettent pas vraiment de voler. La blatte orientale se déplace surtout en courant, souvent le long des murs ou dans les zones peu éclairées.

Elle est souvent associée aux réseaux d’évacuation, aux regards, aux tas de feuilles et aux endroits frais. Dans une maison, elle peut remonter par les canalisations ou entrer par une porte, une fissure ou une fenêtre basse.

Une blatte orientale trouvée dans une cave n’a pas exactement le même profil qu’une colonie installée dans une cuisine. Il faut rechercher les fuites, l’eau stagnante, les défauts d’étanchéité et les passages autour des tuyaux. Une simple grille sur une évacuation ou un joint correctement posé peut parfois compliquer sérieusement la vie de cette visiteuse indésirable.

La blatte américaine : grande, rousse et impressionnante

La blatte américaine, Periplaneta americana, figure parmi les plus grandes espèces susceptibles d’être observées dans les bâtiments. Elle peut atteindre 35 à 40 millimètres, voire davantage dans certaines conditions. Sa couleur est brun rougeâtre, avec une bordure plus claire autour du pronotum.

Son apparence est spectaculaire, mais elle ne cherche pas spécialement à attaquer les humains. Comme les autres blattes, elle fuit généralement la lumière et se précipite dans le premier interstice disponible dès qu’elle se sent observée. Une course sous un meuble à une vitesse étonnante : voilà son talent le plus convaincant.

Cette espèce apprécie les températures élevées. Elle est donc plus courante dans les régions chaudes, les installations techniques, les réseaux d’assainissement et certains locaux professionnels. Dans une habitation, sa présence peut être liée à une canalisation, à un vide sanitaire ou à une cave mal ventilée.

La blatte américaine peut parfois voler sur une courte distance, surtout lorsque la température est favorable. Il n’est toutefois pas nécessaire d’imaginer une escadrille prête à fondre sur le salon : la plupart du temps, elle préfère se déplacer au sol et rester cachée.

La blatte rayée : une spécialiste des meubles et des recoins secs

La blatte rayée, également appelée blatte à bandes brunes, correspond principalement à Supella longipalpa. Elle est plus petite que la blatte américaine et se distingue par des bandes claires visibles sur l’abdomen et les ailes.

Elle mesure généralement entre 10 et 14 millimètres. Contrairement à la blatte germanique, elle peut se rencontrer dans des endroits moins humides : meubles, placards, faux plafonds, chambres, bureaux ou appareils électroniques.

Cette préférence pour les endroits secs explique pourquoi on peut en trouver loin de l’évier ou de la salle de bains. Elle se dissimule dans les rainures des meubles, derrière les cadres, sous les tiroirs et autour des appareils peu utilisés.

Pour la repérer, les pièges à glu sont particulièrement intéressants. Ils permettent de confirmer la présence de blattes, d’évaluer leur nombre et de localiser les zones de passage. Un piège placé quelques nuits derrière un meuble donne souvent plus d’informations qu’une inspection rapide à la lampe torche.

Les blattes de jardin : des visiteuses parfois confondues

Toutes les blattes observées près d’une maison ne sont pas des espèces domestiques. Les blattes de jardin ou blattes forestières, appartenant notamment au genre Ectobius, vivent dans les feuilles mortes, les haies, les tas de bois et les végétaux.

Elles sont souvent plus petites, brun clair, et certaines présentent des ailes bien développées. Elles peuvent entrer par une fenêtre, une porte ou être transportées avec du bois, des plantes et des déchets verts.

La différence essentielle est comportementale : une blatte de jardin isolée ne cherche généralement pas à coloniser la cuisine. Elle a pu se perdre, attirée par la lumière ou par la chaleur intérieure. Si elle ne laisse pas de traces répétées et qu’aucun autre individu n’est observé, une capture suivie d’une remise à l’extérieur peut suffire.

Faut-il alors traiter toute la maison ? Non. Une intervention chimique systématique contre une espèce extérieure serait disproportionnée. Avant de dégainer le produit miracle, mieux vaut observer, identifier et vérifier si la présence se répète.

Les indices qui permettent de reconnaître une infestation

La blatte elle-même n’est pas le seul indice. Ces insectes laissent plusieurs traces caractéristiques, souvent plus faciles à repérer dans les zones sombres.

Les jeunes blattes, appelées nymphes, sont souvent plus petites et dépourvues d’ailes. Leur présence est importante à noter : elle indique généralement une reproduction à proximité. Une petite blatte n’est donc pas forcément un jeune individu d’une grande espèce. Elle peut aussi appartenir à une espèce naturellement plus petite, comme la blatte germanique.

Que faire après avoir identifié la blatte ?

La première étape consiste à supprimer ce qui l’attire : eau, nourriture et abris. Les aliments doivent être conservés dans des boîtes hermétiques, les miettes nettoyées rapidement et la poubelle vidée régulièrement.

Il faut ensuite inspecter les points sensibles :

Les pièges à glu sont utiles pour surveiller les déplacements. Les gels appâts, lorsqu’ils sont employés correctement, peuvent agir sur les individus qui les consomment et parfois sur d’autres blattes par contamination indirecte. Il faut respecter scrupuleusement les indications du fabricant et éviter de pulvériser un insecticide répulsif à proximité d’un gel : la blatte risque alors de contourner l’appât, ce qui n’est pas exactement le résultat recherché.

Les bombes insecticides utilisées au hasard sont rarement une solution durable. Elles dispersent parfois les blattes vers d’autres pièces, contaminent les surfaces et ne traitent pas les œufs cachés. Si la présence est répétée, si des nymphes sont observées ou si plusieurs logements sont concernés, l’intervention d’un professionnel devient préférable.

Une observation simple pour éviter les erreurs

Avant de tenter une identification, prenez si possible une photographie nette, sans manipuler l’insecte. Notez sa taille approximative, sa couleur, l’endroit où il a été aperçu et l’heure de l’observation. Une blatte trouvée près d’une canalisation ne raconte pas la même histoire qu’une blatte découverte dans un placard sec.

La distinction entre espèces proches n’est pas toujours parfaite à l’œil nu. La lumière, l’âge de l’insecte et l’état de ses ailes peuvent modifier son apparence. En cas de doute, une photo accompagnée du lieu de découverte sera bien plus utile qu’un souvenir formulé ainsi : « Elle était énorme, noire et très rapide ». Même si cette description est parfaitement compréhensible émotionnellement.

Identifier une blatte ne sert donc pas à lui attribuer une médaille naturaliste. Cela permet surtout de choisir une action proportionnée : surveiller une visite isolée, corriger un problème d’humidité, bloquer un passage ou traiter une colonie installée. Face aux espèces de blattes dites affines ou simplement difficiles à distinguer, la méthode reste la même : observer, comparer, supprimer les ressources et agir sans précipitation.

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